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Abus sexuels

Les traitements qui prennent en charge des adolescents ayant commis des infractions à caractère sexuel visent à prévenir la récidive. Les différents traitements proposés reposent majoritairement sur le modèle risque-besoins-réceptivité (RBR) d’Andrews et Bonta (2015). Pour répondre adéquatement aux besoins des jeunes qui commettent des infractions sexuelles, un continuum de soins est recommandé (Bengis, 1997). Des programmes offerts par différents centres spécialisés offrent ces continuums de soins individualisés et liés spécifiquement aux besoins de chaque jeune. Les modèles de traitement ne conviennent pas à tous les adolescents, d’où l’importance d’une bonne évaluation de base. Différents types de traitements, comme une approche cognitivo-comportementale, une approche individuelle, une approche familiale et multisystémique, permettent d’obtenir de bons résultats. Les programmes cognitivo-comportementaux de groupe sont les plus utilisés (Andrews et Bonta, 2015; Lafortune et al., 2010). Ils servent à modifier les erreurs de pensées (distorsions cognitives) et à développer des capacités relationnelles – empathie, habiletés sociales, gestion des émotions, etc. (Kim et al., 2015). L’approche individuelle est souvent utilisée en complément des thérapies de groupe, car elle aide l’intervenant à bien connaître le jeune et son histoire personnelle (Lemire et Tardif, 2012). L’approche multisystémique, qui fait interagir plusieurs domaines du jeune comme la famille, l’école et la communauté, est une forme d’intervention très prometteuse, car on tente alors de réduire les facteurs de risque du jeune et de créer un filet de sécurité en aidant les parents à développer des compétences sur le plan de l’éducation à la sexualité et de la supervision.

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Références bibliographiques
Andrews, D. A. et Bonta, J. (2015). Le comportement délinquant : analyse et modalités d’intervention (5e éd., 750 p.). Agen : Les Presses de l’Enap.

INSPQ (2022). « Ampleur des agressions sexuelles chez les jeunes ». Repéré à https://www.inspq.qc.ca/agression-sexuelle/statistiques/jeunes

Lafortune, D., Proulx, J. et Tourigny, M. (2010). Les adultes et les adolescents auteurs d’agression sexuelle. Dans M. Le Blanc et M. Cusson (dir.), Traité de criminologie empirique (4e éd., p. 305-336). Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal.

Lemire, S. et Tardif, M. (2012). La psychothérapie individuelle. Dans M. Tardif, M. Jacob, R. Quenneville et J. Proulx (dir.), La délinquance sexuelle des mineurs : approches cliniques (vol. 1, p. 225-293). Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal.

La littérature grise sur le programme PACIS

Soulignons tout d’abord que lorsqu’on parle de jeunes qui ont commis une infraction sexuelle, la terminologie a changé : nous n’utilisons plus l’expression « les jeunes abuseurs ». Cette nouvelle façon permet de ne pas stigmatiser davantage ces jeunes et leur famille, ce qui les rend souvent beaucoup plus ouverts à la thérapie. Le taux de récidive est d’environ 15 % chez les adolescents qui ont commis des infractions sexuelles et dont les comportements ont été dévoilés. Une intervention thérapeutique aurait pour effet de réduire ce taux. Le programme PACIS vise à remettre en question les croyances, les distorsions cognitives et les stratégies qui favorisent le maintien de ces comportements. Une intervention centrée sur les compétences permet d’outiller le jeune pour l’amener à développer des comportements plus respectueux à l’égard des autres. Ce programme d’une vingtaine de rencontres hebdomadaires est offert aux adolescents qui ont commis une infraction à caractère sexuel et qui ont été référé. De plus, les parents participeront eux aussi à des rencontres afin de parler des progrès de leur jeune et d’être sensibilisés à certains comportements et attitudes qu’ils peuvent adopter pour minimiser les risques de récidive.

Centre jeunesse du Saguenay–Lac-Saint-Jean (2012). Le programme PACIS : Pour les adolescents qui ont commis des infractions sexuelles. Repéré à https://programmepacis.com/un_apercu.html

Addiction à la pornographie

La notion de « pornographie » fait référence à du matériel visant à créer ou à renforcer des émotions ou des pensées qui provoquent une excitation sexuelle (Hald et Malamuth, 2008). Même si les données exactes sont difficiles à obtenir, un portrait général se dessine. En ce qui concerne l’utilisation de la pornographie, des études montrent que 42 % des adolescents de 10 à 17 ans qui utilisent Internet auraient été exposés à de la pornographie dans l’année précédant l’étude (Wolak, Mitchell et Finkelhor, 2007). Si on observe seulement les jeunes garçons qui ont volontairement recherché du contenu à caractère pornographique, les statistiques sont les suivantes : 1 % chez les 10-11 ans, 11 % chez les 12-13 ans, 26 % chez les 14-15 ans et 38 % chez les 16-17 ans. Encore aujourd’hui, la communauté scientifique a des divergences d’opinions à propos de la conceptualisation de la problématique liée à la pornographie. Dans la littérature, on parle d’addiction*, de dépendance, d’impulsivité ou de compulsion sexuelle, de trouble hypersexuel, d’hypersexualité, d’addiction ou de dépendance à la pornographie, ou encore, d’usage compulsif, excessif ou problématique de la pornographie. Ce manque de consensus influe sur la manière de circonscrire la problématique, mais aussi sur son diagnostic et sur les traitements qui y sont associés. L’usage problématique de la pornographie se définit comme une incapacité d’en contrôler l’utilisation qui s’accompagne d’émotions ou de pensées négatives à propos de cette consommation et qui a des conséquences négatives sur la qualité de vie ou sur le fonctionnement général de l’individu (McBride, Reece et Sanders, 2007; Reid, 2007).

Les traitements reposent habituellement sur une combinaison de connaissances issues de traitements pour d’autres troubles, comme les autres formes de dépendance ou les troubles sexuels. Des traitements fondés sur l’approche cognitivo-comportementale suggèrent des stratégies comme placer l’ordinateur dans une pièce ouverte de la maison, installer des logiciels de contrôle parental (Delmonico, Griffin et Carnes, 2002) et réduire le temps passé en ligne (Young, 2008). Des traitements s’appuyant sur les principes de la thérapie d’acceptation et d’engagement (Hayes, Follette et Linehan, 2004) visent à favoriser la capacité d’adaptation des comportements en les dirigeant vers ce qui est important pour soi compte tenu de son environnement. Ces traitements consistent, par exemple, à mieux accepter la problématique, à rester en contact avec le moment présent et à identifier ses valeurs personnelles. D’autres types de traitements sont également utilisés : il s’agit de traitements qui reposent sur la prévention de la rechute (Osborne, 2004), sur l’entretien motivationnel, où l’on tente d’augmenter la motivation intrinsèque face au changement de la personne (Del Giudice et Kutinsky, 2007), ou encore de traitements fondés sur le modèle de la promotion de la santé sexuelle, où l’on tente d’informer la personne pour qu’elle puisse faire des choix de comportement plus éclairés. Malgré des divergences dans la compréhension du phénomène de la consommation problématique de pornographie, plusieurs solutions sont envisageables pour aider les individus. Cette utilisation problématique constitue une forme d’évitement (émotions, pensées, sensations physiques), de sorte qu’augmenter la compréhension du problème peut amener la personne à trouver des solutions adaptées à sa propre situation.

* L’addiction est une incapacité à contrôler sa consommation en ayant conscience des effets néfastes (trouble du comportement). La dépendance est un phénomène physiologique qui mène à consommer à nouveau pour ne pas subir les effets désagréables du manque (trouble physiologique).

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Références bibliographiques

Delmonico, D. L., Griffin, E. et Carnes, P. J. (2002). Treating online compulsive sexual behavior: when cybersex is the drug of choice. Dans A. Cooper (dir.), Sex and the Internet: A guidebook for clinicians (p. 147-167). New York, NY: Routledge.

Del Giudice, M. J. et Kutinsky, J. (2007). Applying motivational interviewing to the treatment of sexual compulsivity and addiction. Sexual Addiction and Compulsivity (vol. 14, p. 303-319). Abingdon-on-Thames: Taylor & Francis.
Hald, G. et Malamuth, N. M. (2008). Self-perceived Effects of Pornography Consumption. Archives of Sexual Behavior (vol. 37, p. 614-625). New York, NY: Springer Science + Business Media.

Hayes, S. C., Follette, V. M. et Linehan, M. M. (2004). Mindfulness and Acceptance: Expanding the Cognitive-Behavioral Tradition (319 p.) New York, NY: Guilford Press.

McBride, K. R., Reece, M. et Sanders, S. A. (2007). Predicting Negative Outcomes of Sexuality Using the Compulsive Sexual Behavior Inventory. International Journal of Sexual Health (vol. 19, p. 51-62).

Reid, R. C. (2007). Assessing Readiness to Change among Clients Seeking Help for Hypersexual Behavior. Sexual Addiction and Compulsivity, 14(3), p. 167-186.

Wolak, J., Mitchell, K. et Finkelhor, D. (2007). Unwanted and Wanted Exposure to Online Pornography in a National Sample of Youth Internet Users. Pediatrics,119(2), p. 247-257.

Autres références intéressantes

Crosby, J. M. (2011). Acceptance and Commitment Therapy for the Treatment of Compulsive Pornography Use: A Randomized Clinical Trial. All graduate theses and dissertations. Article 999. Repéré à http://digitalcommons.usu.edu/etd/999

Grubbs, J. B., Volk, F., Exline, J. J. et Pargament, K. I. (2015). Internet Pornography Use: Perceived Addiction, Psychological Distress, and the Validation of a Brief Measure. Journal of Sex & Marital Therapy, 41(1), p. 83-106. Abingdon: Taylor & Francis.

Messier-Bellemare, C. et Corneau, S. (2015). Les accros du porno : évaluation, diagnostic(s) et regard critique. Sexologies (vol. 24, p. 35-40). Pays-Bas : Elsevier.

Sergerie, M.-A. (2016). Cyberdependance.ca : Quand l’utilisation d’Internet et des technologies devient un problème. Repéré à www.cyberdependance.ca

Sergerie, M.-A. et Corneau, S. (2017). Usage problématique de la pornographie : conceptualisation, évaluation et traitement. Revue québécoise de psychologie (vol. 38, no 1).

Le lien entre l’attachement, la délinquance et la violence

Les recherches montrent qu’un style d’attachement insécure est fortement associé à l’ensemble des types de criminalité (violence, sexualité, problèmes conjugaux), indépendamment de l’âge et du genre de la personne (Rouchy, Garcia et Michel, 2019). Certains modèles se dessinent : les auteurs de violences sexuelles se caractérisent, entre autres, par un style d’attachement plus anxieux que les auteurs de crimes violents qui, eux, ont un style d’attachement plus insécure que les auteurs de violences non sexuelles.

Les traumatismes relationnels vécus pendant l’enfance peuvent avoir des conséquences importantes sur le développement socioémotionnel et peuvent mener à un attachement de style hostile-impuissant (Lyons-Ruth et al., 2005). Ce type d’attachement est caractérisé par une absence d’intégration cohérente des expériences négatives vécues dans l’enfance. Un état d’esprit hostile-impuissant se caractérise par des contradictions et des incohérences quand la personne fait référence aux relations vécues avec ses figures d’attachement dans son enfance. Cette étude permet d’observer que cet état d’esprit est associé à certains symptômes traumatiques à l’âge adulte et à des difficultés dans la relation parent-enfant (Turgeon, Milot et St-Laurent, 2023).

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Références bibliographiques

Lyons-Ruth, K., Yellin, C., Melnick, S. et Atwood, G. (2005). Expanding the concept of unresolved mental states: hostile/helpless states of mind on the Adult Attachment Interview are associated with disrupted mother-infant communication and infant disorganization. Development and psychopathology,17(1), p. 1-23. Repéré à https://doi.org/10.1017/s0954579405050017

Rouchy, E., Garcia, M., et Michel, G. (2019). De l’attachement au crime : une revue systématique des relations entre styles d’attachement et nature du passage à l’acte criminel, 177(10), p. 987-998. Pays-Bas : Elsevier.

Turgeon, J., Milot, T. et St-Laurent, D. (2023). Traumatismes relationnels et état d’esprit hostile-impuissant : Mieux comprendre la désorganisation de l’attachement à l’âge adulte [Relational trauma and the hostile-helpless state of mind: Better understanding the disorganization of attachment in adulthood]. Canadian Psychology / Psychologie canadienne, 64(1), p. 66-75. Repéré à https://doi.org/10.1037/cap0000322

Les gangs de rue

L’importance du phénomène des gangs de rue diffère, selon les régions. Cependant, l’effet du gang lié à l’augmentation de la délinquance, de la toxicomanie et de la violence est un fil conducteur (Santé publique du Canada).

Plusieurs études se sont intéressées aux comportements intériorisés et extériorisés des jeunes associés aux gangs de rue. Les études montrent que ces jeunes ont plus de symptômes de colère-irritabilité et de dépression-anxiété que ceux qui n’y sont pas associés. Ils ont généralement plus de troubles anxieux et davantage de symptômes intériorisés. D’ailleurs, divers facteurs de risque – avoir un faible statut socioéconomique, être victime d’abus ou de négligence, éprouver un sentiment d’isolement, vivre certains événements comme la mort d’un parent, une rupture amoureuse ou même un changement d’école, etc. – sont liés autant à une association à un gang qu’à un comportement intériorisé (Herrera et De Benitex, 2007; Mrug et Windle, 2010). Les jeunes qui sont associés aux gangs ont davantage de risque d’être témoins et victimes d’actes criminels (DeLisi et al., 2009). Puisque ces risques augmentent les possibilités de souffrir de dépression et d’anxiété (Storch et al., 2005), une prévalence plus élevée de victimisation chez ces jeunes est responsable du plus grand nombre de symptômes de dépression et d’anxiété. De plus, d’autres études montrent que les jeunes contrevenants associés aux gangs ont davantage de symptômes extériorisés comme l’agressivité et un comportement délinquant (Coid et al., 2013). Le trauma complexe vécu à la suite de victimisations dans un moment crucial du développement comme l’adolescence peut créer un sentiment profond d’insécurité (Ford, 2017). Différentes études montrent que la psychopathologie est fortement associée aux idéations suicidaires, aux tentatives de suicide ou aux suicides aussi bien quand on fait face à des troubles intériorisés qu’à des troubles extériorisés (Laurier et Chagnon, 2011). Les jeunes contrevenants seraient donc de trois à 18 fois plus à risque de faire une tentative de suicide que les adolescents de la population générale (Casiano, Katz, Globerman et Sareen, 2013).

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Références bibliographiques

Casiano, H., Katz, L. Y., Globerman, D. et Sareen, J. (2013). Suicide and Deliberate Self-Injurious Behavior in Juvenile Correctional Facilities: A Review. Journal of the Canadian Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 22(2), p. 118-124.

Ford, J. D. (2017). Complex Trauma and Developmental Trauma Disorder in Adolescence. Adolescent Psychiatry, 7(4), p. 220235. Repéré à https://doi.org/10.2174/2210676608666180112160419

Gouvernement du Canada (2007). Les gangs de jeunes. Centre national de prévention du crime. Repéré à https://www.securitepublique.gc.ca/cnt/rsrcs/pblctns/gngs-cnd/gngs-cnd-fra.pdf

Laurier, C., Ducharme, A.-M., St-Pierre, L. et Sarmiento, J. (2018). Jeunes contrevenants à la croisée des chemins : étude à devis mixte du risque suicidaire. Criminologie, 51(2), p. 288-313. Repéré à https://doi.org/10.7202/1054244ar

Laurier, C. et Chagnon, F. (2011). Modèle interactif du risque suicidaire chez les jeunes contrevenants. Criminologie, 44(2), p. 251-278. Repéré à https://doi.org/10.7202/1005799ar
Morin, C., Laurier, C. et Simard, V. (2016). Les symptômes et les troubles intériorisés chez les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue. Revue de psychoéducation, 45(2), p. 289-311. Repéré à https://doi.org/10.7202/1039051ar

La délinquance chez les filles

La présence de jeunes filles dans le système de justice pénale pour adolescents est plus faible que celle des garçons, bien que leur nombre semble avoir augmenté au cours des dernières années (Bélanger et Ouimet, 2010). Plus grande vigilance de la population, changements sociaux dans la tolérance aux délits, moins de biais envers la gent féminine : les raisons de ce changement sont multiples et encore méconnues. Cependant, la fréquence et la gravité des crimes attribuables aux jeunes sont en décroissance depuis les vingt dernières années (Moreau, 2021). Depuis plusieurs années, la recherche scientifique a évolué dans la compréhension de la délinquance féminine. D’ailleurs, le terme « délinquance » a été remplacé par « troubles de comportement », car les problèmes des adolescentes se traduisent souvent par des gestes de rébellion et d’opposition bien plus que par des actes criminels. Les filles utilisent souvent l’agression indirecte, comme répandre des rumeurs, ridiculiser ou exclure une personne d’un groupe (Verlann et al., 2005). Celles qui commettent des agressions indirectes font face à plus de difficultés familiales et sociales, ont plus de problèmes émotifs (anxiété et dépression) et posent plus souvent des gestes de délinquance que les filles non agressives (Verlann et al., 2005). Des études montrent que la maltraitance pendant l’enfance est souvent associée à des symptômes de troubles de la personnalité chez les jeunes femmes (Scheffers et al., 2019).

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Références bibliographiques

Brisebois, R.-A. (2022). La délinquance juvénile : un bref portrait de la situation. Bulletin d’information, 17(1), Montréal: Institut universitaire Jeunes en difficulté (IUJD), CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Dumont, A., Lanctôt, N. et Paquette, G. (2022). «I had a shitty past, I want a great future.»: Hopes and fears of vulnerable adolescent girls on the verge of leaving care. Children and Youth Services Review (vol. 134). Pays-Bas : Elsevier.

Scheffers, F., van Vugt, E., Lanctôt, N, Lemieux, A. (2019). Experiences of (young) women after out of home placement: An examination of personality disorder symptoms through the lens of child maltreatment. Child Abuse & Neglect, vol. 92, p. 116-125.

Sanctions extrajudiciaires, mesures de réparation envers la victime et mesures de médiation

Bien souvent, lorsqu’un jeune commet une infraction d’une gravité moindre, des mesures extrajudiciaires peuvent s’appliquer afin de lui offrir une solution efficace et rapide. Sans passer par le système de justice officiel, le jeune est alors soumis à différentes mesures pour répondre de ses actes délictueux (Gouvernement du Canada, 2021). Habituellement, la première sanction donnée à un jeune est une sanction extrajudiciaire (60 %). Le plus souvent, on lui impose une mesure de réparation envers la communauté (50 %); ensuite viennent les programmes d’habileté sociale, de formation ou de soutien (30 %). Les mesures de réparation envers la victime représentent 15 % des situations (Lafortune, 2022) et affichent un excellent taux de réussite de 90 % (ASSOJAQ).

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Références bibliographiques

Association des organismes de justice alternative du Québec (s.d.). Loi sur le système de justice pénale pour adolescents, les mesures extrajudiciaires. Repéré à https://www.assojaq.org/wp-content/uploads/2019/10/AfficheRenvoi.pdf

Gouvernement du Canada (2021). Mesures extrajudiciaires. Repéré à https://www.justice.gc.ca/fra/jp-cj/jj-yj/outils-tools/feuillets-sheets/mesur-measu.html#:~:text=Qu’entend%20on%20par%20mesures,par%20la%20proc%C3%A9dure%20judiciaire%20officielle.

Lafortune, D. (2022). Portrait et trajectoires des adolescents québécois en contact avec le système de justice pénale [vidéo]. Repéré à https://www.youtube.com/watch?v=P07BQRlpFek

Taux de récidive au Québec

Le nombre de demandes de service (et non le nombre de jeunes) en vertu de la LSJPA a chuté, passant de 13 557 en 2013-2014 à 7 420 en 2020-2021 (Lafortune, 2022). Dans la cohorte des jeunes de 2005-2012, on observe dans 40 % des cas une récidive qui survient dans les 18 mois suivants (Lafortune, 2022). Les jeunes les plus à risque de récidive sont les garçons qui sont plus jeunes au moment de leurs premières infractions et qui sont auteurs d’une infraction contre les biens, qui proviennent de milieux socioéconomiques défavorisés, qui ont des antécédents en matière de protection de la jeunesse et pour qui la première sanction pénale n’était pas une mesure extrajudiciaire (Lafortune, 2022). Selon le cheminement du jeune parmi les services, le taux de récidive change. Les jeunes qui font l’objet d’un double mandat sont ceux qui sont suivis en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents (LSJPA) et qui ont connu une prise en charge selon la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ). En 2020, on a établi quatre parcours différents en fonction des services reçus en vertu de ces deux lois. En premier lieu, on note un recours à la LPJ et à la LSJPA en raison d’une délinquance précoce (35 %) et majoritairement masculine ainsi que d’un taux de récidive élevé. En deuxième lieu, le parcours est plutôt féminin (30 %) et on assiste alors à un recours à la LPJ et, par la suite, à la LSJPA, avec un faible taux de récidive. En troisième lieu (20 %), un dossier soumis à la LPJ est fermé et il y a infraction plus tard. Ce parcours, plutôt mixte, est jalonné d’infractions qui demeurent modérées sur le plan de la gravité, et le taux de récidive est faible. Enfin, dans 15 % des cas, on note une entrée tardive dans la délinquance en vertu de la LSJPA, suivie d’une demande de protection en vertu de la LPJ (Lafortune, 2022). Le taux de récidive chez les jeunes qui ont commis une première infraction et qui ont fait l’objet de mesures extrajudiciaires est de 18 % (Lafortune, 2022).

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Références bibliographiques

Carpentier, J., Arseneault, C. et Alain, M. (2022). Délinquance à l’adolescence – Comprendre, évaluer, intervenir (366 p.). Montréal : Presses de l’Université du Québec.
Lafortune, D. (2022). Portrait et trajectoires des adolescents québécois en contact avec le système de justice pénale [vidéo]. Repéré à https://www.youtube.com/watch?v=P07BQRlpFek

Lafortune, D., Royer, M.-N., Rossi, C., Turcotte, M.-E., Boivin, R., Cousineau, M.-M., Dionne, J., Drapeau, S., Guay, J.P., Fenchel, F., Laurier, C., Meilleur, D. et Trépanier, J. (2015). La loi sur le système de justice pénale pour les adolescents sept ans plus tard : portrait des jeunes, des trajectoires et des pratiques (FQRSC 2011-TA-144097).